Petite histoire de la linogravure

Pour les curieux: petite histoire rapide du lino et de la linogravure

Le linoleum est le résultat final de longues recherches entreprises dès le début du XIX° siècle dans le but d’obtenir un revêtement de sol à la fois confortable, hygiénique, économique et résistant.

Après de nombreux essais, pas toujours concluants, à base de caoutchouc et de liège compressé, c’est l’Ecossais Frederic Walton qui trouve une solution en remplaçant le caoutchouc par de l’huile de lin (qu’il transforme en matière souple et gommeuse par un procédé de son invention). D’où le nom de linoleum, qui veut dire « huile de lin » en latin.

Voilà pour le lino. Mais pourquoi le graver?
Remontons encore plus loin dans le temps…

Dès le VII° siècle en orient (et le XV° siècle en occident), on a utilisé la gravure sur bois (ou xylogravure) pour imprimer des textes ou des motifs. C’est le principe du tampon: on grave le bois avec des gouges  (voir photo) en enlevant les parties qui resteront blanches à l’impression. Les parties non gravées (donc qui restent en relief) sont encrées et apparaitront donc en noir.

Le principe est simple mais la technique est difficile, car le bois est dur et plein de surprises (veines, etc.).

Quand le lino devient un matériau connu, on s’aperçoit qu’il pourrait convenir pour une gravure plus facile car il est assez dur pour supporter la force d’une presse, mais assez tendre pour être gravé. Et, surtout, il est homogène: pas de fil ni de veines, bref, pas de surprises.
Donc à partir de 1900, le lino va devenir un moyen de reproduire des dessins, comme la xylogravure, mais plus facilement.

La linogravure recevra ses lettres de noblesse en étant utilisée par de nombreux artistes comme Matisse ou Picasso.